L ' utilisation du suffixe " phobie ". Essai d ' analyse.

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mine
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L ' utilisation du suffixe " phobie ". Essai d ' analyse.

Message non lu par mine » lun. 6 mai 2019 02:59

Il est frappant de constater la multiplication des termes en « phobie ». Dès lors que l’on veut délégitimer une idée, on la transforme en phobie. Cela fait passer cette idée du domaine politique au domaine psychiatrique. En effet on ne débat pas avec un « phobe », à la rigueur on le fait soigner.

En qualifiant de " phobie " l 'avis d ' un adversaire, on exclut ce dernier du champ de la rationalité et même de la santé mentale.

Cet emploie fréquent de ce suffixe interdit l 'expression d ' une pensée alternative. C 'est une forme insidieuse de censure. Le débat démocratique a tout à y perdre

Valérie D.
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Re: L ' utilisation du suffixe " phobie ". Essai d ' analyse.

Message non lu par Valérie D. » mer. 9 oct. 2019 01:44

Je déterre un peu le sujet mais ce n'est pas nouveau que les mots sont inappropriés aux concepts. Homophile veut dire qui aime ce qui lui ressemble ; pédophile veut dire qui attente à la pudeur ou commet des actes liés au sexe sur des enfants ; homophobe devrait vouloir dire qui a peur des homosexuels ou qui développe une réaction physiologique de rejet à leur contact ou à leur vue, mais pas vraiment car on dirait homophobique ou homoallergique. Les hétéros sont aussi homophiles ; d'ailleurs les algorithmes des réseaux sociaux sont basés sur cette propriété humaine. Si une personne n'apprécie pas les LGBT, il faudrait donc dire anti-LGBT mais il faudrait alors préciser en quoi elle est contre et ce qu'elle fait : est-ce qu'elle ne les aime pas ou est-ce qu'elle leur fait du tort ? Donc il n'y a jamais de mot qui convient. C'est comme quand une personne dit qu'elle est pour l'avortement, elle ne veut pas que tout le monde avorte ; en réalité, elle n'est pas pour c'est juste qu'elle n'est pas contre.
Pour l'islam, le mot islamophobe reflète la peur de l'islam. Si les gens ont peur c'est qu'ils ne comprennent pas, qu'ils ne savent pas ce qui est vrai ou faux. Ils jugent d'après ce qu'ils entendent à la télé ou ce qu'ils voient de personnes qui se disent musulmanes, qui pensent l'être ou qui le sont peut-être vraiment. Donc il y a vraiment une peur. Si une personne est vraiment contre les idées qui sont véhiculées dans une religion ou une idéologie, il faudrait dire anti... mais dès qu'on oppose, on pense à un combat. Donc il faudrait dire qu'on est anti-fanatisme et anti-terrorisme, fanatophobe, tyrannophobe, extrémophobe... Les musulmans pacifiques savent bien que le Coran n'est pas plus violent que la Bible et que les versets concernés sont contextualisés à une époque révolue.
C'est encore le même problème pour la radicalisation, ça veut dire qu'on se rapproche de la racine. Mais dans la religion, ou d'autres mouvements politique, ça veut dire que les personnes deviennent fanatiques, extrémistes. Pourtant les radicaux dans l'histoire politiques ce sont des républicains qui défendent des valeurs laïques...
Tout ça pour dire que ça ne m'étonne pas que les humains ne se comprennent pas, ils n'ont pas encore mis au point un langage clair.

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