Embrasser sa colère

Ce sujet a 6 réponses, 3 participants et a été mis à jour par Biquette Biquette, il y a 2 mois.

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  • #74209
    Biquette
    BiquetteParticipant
    @biquette

    Par Thich-Nhat-Hanh

    Conférence du vénérable Thich Nhat Hanh à l’église de Riverside à New York, le 25 septembre 2001.Cette transcription est réalisée à partir d’une émission audio sur Internet.Traduit de l’anglais par Nguyên van Thông, révisé par Evelyne Culot.

    Chers amis,

    Je voudrais vous faire part de ma pratique quand je suis en colère. Pendant la guerre du Vietnam, il y avait beaucoup d’injustice, et des milliers de personnes sont tués, y compris des amis et des disciples à moi. J’étais très en colère. Une fois, j’avais appris que Bên Tre, une ville de 300.000 habitants, était bombardée par l’aviation américaine à cause de la présence de seulement quelques guérillas qui essayaient de tirer sur les avions américains. Les guérillas n’ont réussi à descendre aucun avion et ont quittés la ville. Mais elle a été détruite. Et le militaire responsable du bombardement déclarait plus tard qu’il fallait détruire cette ville pour pouvoir la sauver. J’étais très en colère.

    Heureusement à l’époque j’étais déjà un pratiquant solide. Je ne disais rien, je n’agissais pas parce que je savais qu’agir ou parler quand on est en colère ce n’est pas sage. Cela peut créer beaucoup de dégâts. Dans la tradition bouddhiste, nous devons apprendre à respirer en pleine conscience, à marcher en pleine conscience pour générer l’énergie de la pleine conscience. C’est exactement avec cette énergie de pleine conscience que nous pouvons reconnaître, embrasser et transformer notre colère. La pleine conscience est cette énergie qui nous aide à être conscient de ce qui se passe en nous et autour de nous et tout le monde pourrait le faire. Si vous buvez une tasse de thé et que vous savez que vous buvez une tasse de thé, cela s’appelle boire en pleine conscience. Quand vous inspirez et que vous êtes conscient de cela, que vous focalisez votre attention sur votre inspiration, cela s’appelle respirer en pleine conscience. Quand vous faites un pas et que vous êtes conscient que vous faites un pas, cela s’appelle marcher en pleine conscience. La pratique de base dans les centres zen ou dans les centres de méditations est cette pratique qui génère la pleine conscience à chaque moment dans votre vie quotidienne. Quand vous êtes en colère, vous êtes conscient que vous êtes en colère. Parce que vous avez déjà l’énergie de la pleine conscience en vous, engendré par la pratique, vous savez reconnaître, embrasser, regarder profondément et comprendre la nature de votre souffrance.

    J’étais capable de comprendre la nature de la souffrance au Vietnam. J’avais vu que non seulement les vietnamiens souffraient mais également les américains pendant cette guerre. Les jeunes américains qui étaient envoyés au Vietnam pour tuer et être tués, subissaient beaucoup de souffrance et cette souffrance continue aujourd’hui. Les familles et la nation souffrent également. J’ai pu voir que les causes de notre souffrance au Vietnam n’étaient pas les soldats américains mais parce que la politique n’était pas judicieuse. C’était de l’incompréhension. C’était la peur qui sous-tendait la politique.
    Beaucoup se sont immolés au Vietnam pour appeler à la cessation de la destruction. Ils ne veulent pas créer de la souffrance à d’autres personnes, ils veulent prendre cette souffrance sur eux pour faire passer le message. Mais le bruit des avions et des bombes était assourdissant et peu de personnes dans le monde étaient capable de nous entendre. C’est ainsi que j’étais décidé d’aller aux Etats-Unis pour appeler à la cessation de la violence. C’était en 1966 et à cause de cela on m’a interdit de rentrer chez moi. Depuis lors je vivais en exil.

    Source et suite: http://www.buddhaline.net/Embrasser-sa-colere

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 3 semaines par Biquette Biquette.
    #74211
    Biquette
    BiquetteParticipant
    @biquette

    Pourquoi ce texte ?
    Parce qu’il émane d’un grand maître spirituel dont le centre d’enseignement est en France. Il est d’une extrême simplicité, extrêmement concret.
    Nous nous sommes tous et toutes trouvés dans des situations d’énervement, de colère. Gérer sa colère n’est pas chose facile, surtout en cette période où les causes de colère sont nombreuses.
    Personnellement, ce sujet me touche beaucoup car j’ai tendance à m’investir énormément dans ce que je fais, et comme beaucoup, à vouloir changer le monde lorsque je sais que ma cause est juste (le Linky par exemple). Voir que je ne suis pas écoutée me cause sentiment d’impuissance et colère. Deux émotions à travailler donc, aussi je vous livre un peu de mon coeur, et quelques idées de discussion, d’efforts et d’expériences à partager si vous le voulez bien.

    Si cela vous intéresse, je peux mettre la suite du texte. Sinon à vous de voir pour lire la suite, la source est mentionnée.

    #74246

    PassetecParticipant
    @passetec

    Il vaut mieux embrasser sa colère plutôt que de l’embraser !!!

    #75656
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

    Il est vrai que de l’impuissance naît souvent la colère. Mais à quoi bon ? En reprenant l’exemple que tu cites au sujet du Linky, ou des ondes électromagnétiques diffusées largement par les mobiles entre autres – je parle de ceux-ci car maintenant rares sont les personnes, gamins compris, que je rencontre sans ce « truc » dans les mains – et tellement nocives, je me dis que malgré tous les conseils qui leur sont prodigués, toutes les lectures qu’ils peuvent faire, si les gens continuent à les utiliser à tout bout de champ, il est inutile de sentir la moutarde monter au nez ! « on ne peut faire boire un âne qui n’a pas soif !  » alors on avertit c’est bien, et on passe à autre chose.

    Mais pour le Linky, je pense que ta colère vient aussi du fait que tu te sens impuissante  ton compteur étant dehors, à éviter le changement, cela te fait peur. Je le comprends. Bats-toi tant que tu le peux, mais reste sereine, tu n’es pas maîtresse de l’avenir, quelque chose peut survenir qui te délivrera de ce souci. Reste positive et… calme !

    #75659
    Biquette
    BiquetteParticipant
    @biquette

    @Tout à fait Isis, c’est bien ce que je me dis. C’est pourquoi ce sujet va loin car il donne à travailler sur soi de façon très concrète. Car en même temps, ce monde contre lequel je me bats, c’est moi qui l’ai créé. j’en subis maintenant les conséquences.

    Le monde de demain sera fait de mes pensées et de mes actes d’aujourd’hui. Donc rester dans la peur – ou un autre sentiment négatif – c’est créer le conditions négatives de demain.

    Je ne peux pas changer le monde, mais je peux changer mon monde, et ce, dès aujourd’hui.

    @passetec, très jolie ta phrase !

    #75660
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

    Et voilà Biquette, tu entérines ce que j’ai essayé de dire sur le blog, tu vois duquel je parle puisque tu étais intervenue.

    Changer « son » monde ? non, se changer soi, d’abord, changer sa façon de voir, de penser, d’agir…

    Bon, j’ai un rendez-vous urgent, il faut que je file, à +

    #84810
    Biquette
    BiquetteParticipant
    @biquette

    Se changer soi et changer son monde c’est la même chose, Isis. Je parle de notre monde intérieur, et même extérieur puisque tout ce qui tourne autour de ma personne reflète ce qui est en moi et me permet de mieux me comprendre. Si je veux faire le ménage en moi, il peut être bon que je le fasse dans ma maison. Il n’y a pas de différence entre l’intérieur et l’extérieur, entre le haut et le bas.

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