Un exemple à suivre?

Ce sujet a 21 réponses, 10 participants et a été mis à jour par bidouille bidouille, il y a 1 mois.

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    martinb
    @martinb

    je complete par le terme, cours d’antisurvie – car il ne verse pas dans le cliché, courrons dans les bois en allumant du feu sous la pluie

    #87590
    bidouille
    bidouilleParticipant
    @bidouille

    un bon exemple à suivre ; témoignage d’un survivant durant la guerre en Bosnie à SArajevo précisément .

    L’homme qui répond aux questions ci-dessous, raconte comment lui et son clan ont survécu pendant un an dans une ville de 60 000 habitants durant l’effondrement de la Bosnie en 1992.

    Sans eau, sans électricité, sans pétrole, sans système de santé, sans protection civile, sans systèmes de distributions ou de réseaux traditionnels, ce survivant devenu par la suite survivaliste, témoigne sans détours d’une survie urbaine crue et pragmatique.

    L’échange est long, et ce qui est présenté ici n’est qu’une ligne droite pouvant nous faire conscientiser certaines lacunes, ou encore remettre en cause certaines idées quant à l’effondrement de la normalité dans un univers urbain.

    L’avantage de ce retour d’expérience, est qu’il est bati sur un questionnement purement survivaliste issu du forum “Survivalist Boards”, et que l’orientation de l’entretient est donc extrêmement ciblé sur les réalités d’une survie urbaine durant un effondrement de la normalité.

    « Je suis de Bosnie, et comme vous le savez, c’était l’enfer la bas de 1992 a 1995. Pendant 1 an, j’ai vécu et survécu dans une ville de 60 000 habitants sans électricité, sans pétrole, sans eau courante, sans services traditionnels de distribution de nourriture et de consommables, et sans aucune organisation gouvernementale.
    Notre ville était encerclée par des forces armées pendant 1 an, et dans cette ville, c’était la merde.
    Il n’y avait pas vraiment de bons et de méchants…la plupart étaient entre les deux; c’est a dire prêt a tout, au bon comme au moins bon …

    …Et le bois ? Il me semble qu’il y a beaucoup de forets autour de ta ville, pourquoi avez-vous brûlé vos meubles et vos portes ?

    Autour de ma ville il n’y a pas beaucoup de bois. Ma ville était une très belle ville, elle ressemblait à n’importe qu’elle autre ville avec ses cinémas, ses restaurants, ses écoles, son aéroport, ses centres culturels…
    Nous avions des arbres dans la ville, des parcs et des arbres fruitiers…mais tous les arbres ont été brûlés en moins de 2 mois.
    Quand tu n’a pas d’électricité pour préparer la nourriture et te chauffer, tu brûles ce que tu as sous la main , tes meubles, tes portes, ton parquet (et ça brûle vite ce bois la !).
    Nous n’avions pas de banlieue et de fermiers. Dans les banlieues c’était l’ennemi, et nous étions encerclés. Et dans la ville, tu ne savais pas qui était ton ennemi. »

    Quelle sorte de savoir-faire as-tu utilisé durant cette période ?

    Tu peux imaginer que d’une certaine manière c’est le retour à l’âge de pierre !
    Par exemple, j’avais une bouteille de gaz. Mais je ne l’utilisais pas pour faire chauffer ou préparer notre nourriture, c’était trop précieux !
    J’ai bidouillé la bouteille pour pouvoir y attacher un tuyau pour recharger les briquets.
    Les briquets, ça n’a pas de prix !
    Une personne m’amenait un briquet vide, je le rechargeais, et je prenais une boite de conserve ou une bougie en échange par exemple.
    J’espère que tu comprends mon exemple.
    Aussi, je suis infirmier.
    Dans ces conditions, mes connaissances étaient mon argent.
    Soyez éduqués et entraînés…durant un tel effondrement, tes connaissances valent de l’or si tu sais réparer certaines choses.
    Les objets et les stocks vont disparaître un jour, c’est inévitable…mais tes connaissances peuvent être ta nourriture.
    Je veux dire…apprends à réparer les choses, les chaussures ou les gens…
    Par exemple, mon voisin savait faire du pétrole pour les lampes…il n’a jamais eu faim. »

    Si tu avais 3 mois pour te préparer aujourd’hui, qu’est ce que tu ferais ?

    Si j’avais 3 mois pour me préparer ?
    Hmmm…fuir à l’étranger ? (blague).
    Aujourd’hui, j’ai conscience que les choses peuvent s’aggraver très très rapidement. J’ai de la nourriture, des produits pour l’hygiène, de l’énergie …
    Un approvisionnement de 6 mois.
    Je vis en appartement avec une bonne sécurité.
    J’ai une maison avec un abri dans un village a 5 kilomètres de mon appartement, et dans cette maison j’ai encore 6 mois d’approvisionnement.
    Ce village est une toute petite communauté, la plupart des habitants sont préparés…ils ont apprit avec la guerre.
    J’ai 4 différentes armes à feu avec 2000 munitions chacune.
    J’ai un bon jardin avec la maison et des connaissances en jardinage.
    Aussi, j’ai un don maintenant pour sentir la merde…tu sais, quand tout le monde autour de toi dit que tout va bien se passer, mais que toi tu sais qu’en fait tout va s’effondrer ?
    Je pense que j’ai la force de faire tout ce que je dois faire pour survivre et protéger ma famille, parce que quand tout s’effondre, sois sûr, si tu n’as rien, tu vas faire des choses qui ne sont pas très jolies pour sauver tes gosses…tu veux juste survivre avec ta famille.
    Survivre seul : aucune chance (c’est mon opinion), peu importe si tu es armé et préparé, au final, si tu es seul tu vas mourir, je l’ai vu…plein de fois.
    Des groupes et des familles avec énormément de préparation et de connaissances variées, c’est le mieux. »

    Quel matériel devrions-nous stocker ?

    ça dépend.
    Si tu veux survivre comme un voleur, la seule chose dont tu as besoin c’est des armes et beaucoup de munitions.
    A part des munitions, de la nourriture, du matériel pour l’hygiène et de l’énergie (piles etc…), tu veux te pencher sur des petites choses faciles a troquer : couteaux, briquets, savon, pierres a feu…
    Aussi, beaucoup d’alcool, le genre qui se garde longtemps, comme du whisky par exemple, la marque n’est pas importante, ça peut être le truc le moins cher possible, mais c’est très bien pour le troc dans les moments difficile.
    Le manque d’hygiène a fait beaucoup de morts.
    Tu vas avoir besoin de choses très simples, mais en quantités importantes, comme énormément de sacs poubelle, je veux dire, énormément !
    Des assiettes et des gobelets en plastique ou en carton…tu vas en avoir besoin beaucoup ! Je sais, parce que nous n’en avions pas du tout.
    Mon opinion est que le matériel pour l’hygiène est peut être encore plus important que la nourriture.
    Tu peux facilement tuer un pigeon ou trouver quelques plantes à te mettre sous la dent, mais tu ne peux pas tuer du produit désinfectant pour les mains par exemple.
    Plein de produit pour nettoyer, désinfecter, beaucoup de savon, de la Javel, des gants, des masques…tout ce qui est jetable.
    Aussi, un entrainement dans les premiers soins, apprendre a nettoyer une plaie, une brûlure ou même une blessure par balle, car il n’y a pas d’hôpital…même si tu trouves un médecin quelque part, il n’aura pas de médicaments, ou tu n’auras rien pour le payer.
    Apprendre a utiliser les antibiotiques, et en avoir beaucoup.
    Pour les armes il faut rester simple.
    Maintenant je porte un Glock .45, parce que j’aime bien, mais c’est pas une arme ou un calibre répandu ici, donc j’ai aussi deux 7,62 mm TT pistolets Russe cachés, parce que tout le monde a cette arme ici, et beaucoup de munitions.J’aime pas les Kalashnikov, mais c’est pareil, tout le monde en a une…donc…
    Il faut avoir des choses petites et discrètes.
    C’est bien d’avoir un générateur par exemple, mais c’est mieux d’avoir 1000 briquets BIC.
    Le générateur, dans une situation merdique, va attirer l’attention. 1000 briquets prennent pas de place, c’est pas chère, et tu peux toujours les troquer pour quelque chose.
    Pour l’eau, la plupart du temps on récupérait l’eau de pluie dans 4 gros tonneaux, après on la portait a ébullition…on avait aussi une rivière pas loin, mais l’eau est vite devenue trop polluée.
    Le matériel pour l’eau est très important. Il faut avoir des tonneaux, des seaux et des récipients pour stocker et transporter l’eau. »

    Est-ce que l’or et l’argent métal t’ont aidé ?

    Oui. Personnellement, j’ai échangé tout mon or pour des munitions.
    Parfois on était capable d’utiliser de la monnaie (Mark et Dollars) pour acheter certaines choses, mais ces occasions étaient rares, et le prix était toujours exorbitant.
    Par exemple, une boite de haricots valait 30/40 $.
    La monnaie courante s’est très vite effondrée.
    Simplement, on troquait quelque chose pour autre chose. »

    Est-ce que le sel avait de la valeur ?

    Oui, mais pas autant que le café ou les cigarettes.
    J’avais beaucoup d’alcool, et j’ai troqué avec sans problème.
    La consommation d’alcool était plus de 10 fois supérieure qu’en temps normal.
    Maintenant, c’est probablement mieux de stocker des cigarettes, des briquets et des piles pour le troc parce que ça prend moins de place.
    Je n’étais pas un préparer à l’époque, on a pas eu le temps de se préparer…quelques jours avant que la merde atterrisse dans le ventilateur, les politiciens à la télé répétaient que tout allait bien.
    Quand le ciel nous est tombé sur la tête, on a juste prit ce qu’on pouvait. »

    Est-ce que ça a été difficile d’obtenir une arme à feu durant l’événement et qu’est ce que vous avez pu troquer pour les armes et les munitions ?

    Apres la guerre, chaque maison avait une arme.
    La police a réquisitionné pas mal d’armes au début de la guerre…mais la plupart des gens ont caché leurs armes quelque part.
    J’ai une arme légale (licence), et les autorités ont une loi qui s’appelle “collection temporaire”.
    Dans une situation de trouble (émeutes par exemple…), le gouvernement a le droit de temporairement confisquer toutes les armes…donc tu gardes ça en tête.
    Tu sais, il y a des gens qui ont une arme légale, mais ceux qui ont des armes légales ont aussi des armes illégales cachées quelque part, juste au cas ou il y aurait une confiscation.
    Si tu as de bonnes choses à troquer, c’est pas compliqué de trouver une arme pendant une situation difficile, mais ce qu’il faut savoir, c’est que les premiers jours sont les plus dangereux en terme de chaos et de panique, et que peut être que tu ne va pas avoir le temps de trouver une arme pour défendre ta famille.Ne pas être armé durant la panique, le chaos et les émeutes…c’est pas bien.
    Dans mon cas, à un moment un homme avait besoin d’une batterie de voiture pour sa radio, et il avait des fusils…j’ai troqué la batterie pour 2 fusils.
    Pour les munitions…parfois je troquais des munitions pour de la nourriture, et quelques semaines plus tard de la nourriture pour des munitions.Par contre, je ne faisais jamais du troque chez moi, et jamais dans des quantités importantes.
    Très peu de gens (voisins) savaient combien de choses j’avais chez moi.
    Le truc, c’est de stocker le plus possible en rapport avec l’espace et l’argent…et après, suivant la situation, tu vois ce qui est le plus demandé.
    Correction, munitions et armes auront toujours la première place pour moi…mais qui sait, numéro deux c’est peut être des masques à gaz avec des filtres. »

    Et la sécurité ?

    La défense était très primitive.
    Encore une fois, nous n’étions pas prêts…et nous avons utilisé ce que nous pouvions.
    Les fenêtres étaient cassées, les toits étaient en piteux états a cause des bombardements.
    Toutes les fenêtres étaient bloquées avec quelque chose: sacs de sables, pierres. J’ai bloqué ma porte de jardin avec des débris, et j’utilisais une échelle en aluminium pour passer au dessus du mur.
    Quand je revenais chez moi, j’appelais quelqu’un pour qu’il me passe l’échelle.
    Un mec dans notre rue a complètement barricadé sa maison.
    Il a fait un trou dans un mur connecté a la maison de son voisin qui était en ruine…une entrée secrète .
    Ca va paraître étrange, mais toutes les maisons les plus sécurisées ont été pillées et détruites en premier.
    On avait de belles maisons dans mon quartier, avec des murs, des chiens, des alarmes et des barres de fer aux fenêtres.
    Les foules ont attaquées ces maisons en premier…certaines étaient défendues et ont tenues, d’autres non…ça dépend combien d’armes et de bras ils avaient à l’intérieur.
    Je pense que la sécurité c’est important, mais il faut la garder d’un profil bas…oublies les alarmes par exemple. Si tu vies en ville et que la merde arrive, tu vas avoir besoin d’un endroit simple et sobre, avec beaucoup d’armes et de munitions.
    Combien de munitions ? Le plus possible.
    Il faut garder ton domicile le plus inintéressant possible .
    Aujourd’hui ma porte est en acier pour des raisons de sécurité, mais seulement pour me sauvegarder de la première vague de chaos…après ça, je pars pour retrouver un groupe plus important (famille et amis) à la campagne.
    A la maison, on a eu des situations pendant la guerre, pas besoin de rentrer dans les détails…on a toujours eu plus de puissance de feu, et le mur en brique. Aussi on avait toujours quelqu’un qui surveillait la rue…une bonne organisation au cas ou les gangs viennent est primordial.
    Il y avait toujours des coups de feu en ville.
    Encore une fois, la défense de notre périmètre était très primitive…toutes les issues étaient barricadées, avec juste des petites ouvertures pour les fusils, et toujours au minimum 5 membres de la famille a l’intérieur prêt a se battre, et une personne dans la rue, cachée.
    Pour éviter les tireurs d’élite, on restait a la maison toute la journée.
    Dans les premiers temps, les faibles meurent, et les autres se battent.
    Il n’y avait presque personne dans les rues durant la journée a cause des tireurs d’élite…la ligne de défense était extrêmement rapprochée.
    Beaucoup sont mort parce qu’ils voulaient aller se renseigner sur la situation par exemple…c’est très très important, il faut se rappeler que nous n’avions pas d’informations, pas de radio, pas de télé…rien, juste des rumeurs.
    Il n’y avait pas d’armée organisée…mais nous étions tous des soldats.On était forcé.
    Tout le monde portait une arme et essayait de se protéger.Dans la ville, tu ne veux pas porter de truc de qualité parce que quelqu’un va te tuer et te prendre tes affaires.Tu ne veux même pas avoir un beau fusil, et attirer l’attention.
    Je vais te dire si c’est la merde demain, je veux rester sobre, et ressembler à tout le monde dehors, peureux, désespéré, confus, et peut être que je vais crier et pleurer un peu…
    Pas de vêtement chic…je ne vais pas sortir avec mes supers habits tactiques tout neuf et crier “je suis là, vous êtes tous mort maintenant les méchants !”.
    Je vais rester profil bas, lourdement armé et bien préparé en attendant et en évaluant mes options, avec mon meilleur ami ou mon frère a mes cotés.
    Ca n’a pas d’importance d’avoir une super sécurité, un super fusil…si les gens voient qu’ils devraient probablement te voler, que tu es rentable, ils vont te voler. C’est seulement une question de temps, et de combien de bras et d’armes vont être de la partie. »

    Quelle était ta situation avec les toilettes ?

    On utilisait une pelle et n’importe qu’elle bout de terre a proximité de la maison…ça a l’air sale, mais c’était sale.
    On se lavait avec l’eau de pluie récupérée, ou alors a la rivière, mais la plupart du temps c’était trop dangereux.
    On avait pas de papier hygiénique…et même si j’en avait je le troquais.
    C’était une sale situation.
    Si je peux te donner un conseil; en premier, il faut avoir des armes et des munitions…après tout le reste, et je veux dire tout !
    Ca dépend de la place que tu as et de ton budget bien sur.
    Si tu oublies quelque chose, c’est pas grave, il y aura toujours quelqu’un pour troquer…mais si tu oublies les armes et les munitions, tu ne pourras pas avoir accès au troc.
    Aussi, je ne vois pas les grandes familles comme plus de bouches a nourrir, je vois les grandes familles comme plus d’armes et plus de forces…après, c’est dans la nature des gens de s’adapter. »

    Et les soins pour les gens malades ou blessés ?

    Les blessures étaient principalement des blessures par balles.
    Sans les spécialistes et tout le reste, si la victime avait la chance de trouver un docteur quelque part, il avait 30% de chance de s’en sortir.
    C’était pas comme dans les films, les gens mourraient…beaucoup sont morts de petites blessures infectées.
    J’avais des antibiotiques pour 3 ou 4 traitements, bien sur, seulement pour ma famille.
    Des choses très bêtes tuaient les gens.
    Une simple diarrhée est capable de te tuer en quelques jours sans les médicaments et l’hydratation nécessaire…surtout les enfants.
    On a eu beaucoup de maladies de la peau, et des empoisonnements alimentaire…on pouvait pas faire grand chose.
    On faisait beaucoup avec les plantes locales et l’alcool, et pour le court terme ça allait, mais sur le long terme c’était horrible.
    L’hygiène est primordiale…et avoir le plus de médicaments possible, surtout les antibiotiques. »

    A médité surtout 🙂

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