Un jour pour en parler : LA TOUSSAINT une fête de tous les Saints mais pas que..

Forums Les grands sujets… Parler des religions Un jour pour en parler : LA TOUSSAINT une fête de tous les Saints mais pas que..

Ce sujet a 5 réponses, 2 participants et a été mis à jour par Isis Isis, il y a 3 semaines et 2 jours.

  • Auteur
    Messages
  • #86657
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

     

    INTERVIEW – le 1er novembre, jour de « tous les saints » inaugure le mois des morts. Louis Manaranche, agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées Fonder demain, revient sur l’origine et l’histoire de ces expressions chrétiennes.

    La Toussaint, littéralement, «fête de tous les saints» ouvre chaque année le mois des morts. Célébration unique dans le calendrier liturgique, elle est l’occasion de fleurir les tombes de nos défunts. Mais d’où vient-elle? Ne concerne-t-elle vraiment que les chrétiens et a fortiori les hommes et femmes sanctifiés? Louis Manaranche, agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées Fonder demain, revient sur cette fête qui nous invite, une fois par an, «à méditer sur la fin de la vie».

    LE FIGARO – Comment est née la Toussaint et que signifie-t-elle?

    Louis Manaranche – La Toussaint est née de la volonté du pape Grégoire IV, qui a ajouté, en 835, une fête en l’honneur non seulement des nombreux martyrs que les chrétiens ont très tôt célébrés collectivement, mais de tous les saints. La date choisie, le premier novembre, s’est alors imposée à l’Église universelle.

    La Toussaint signifie donc littéralement la fête de tous les saints. Mais attention, c’est là que se cache l’équivoque. Elle ne désigne pas uniquement la fête de tous les saints qui ont été officiellement canonisés par l’Église. En réalité, c’est la fête de tous les saints, au sens de tous les baptisés qui sont entrés dans la vie éternelle, tous ceux qui sont au ciel.

    Dans la tradition catholique, on croit en effet à l’existence d’un état d’attente après la mort. Il est incarné par le Purgatoire. Là-bas, les âmes doivent être purifiées et lavées de tout ce qui les retient encore loin de Dieu. C’est à leur intention que l’on prie le 2 novembre, depuis que les moines de Cluny ont institué cette fête à la fin du Xe siècle. Le 1er novembre, c’est le jour où sont célébrés tous ceux qui ont été élus, ceux qui ont rejoint Dieu, au ciel, dans la joie de la vie éternelle.
    «La mort a largement été évacuée de nos sociétés, comme si ce n’était plus un fait crucial»

    La Toussaint n’est donc pas le jour des morts…

    C’est à la fois vrai et faux. Car, pour être saint, au sens de la Toussaint, c’est-à-dire dans la contemplation éternelle de Dieu, il faut être mort. En un sens donc, la Toussaint est bien liée à la mort. Et puis, rappelons que la coutume en a fait un moment pour aller au cimetière. Il y a donc bien là aussi l’idée de communier avec les défunts qu’on a connus. Le 1er novembre et le 2 novembre sont deux fêtes qui participent du même Mystère, à savoir l’appel de l’homme à connaître la vie éternelle.

    C’est donc pour cela que l’on a pour habitude de dire que la Toussaint ouvre le mois des morts?

    Oui, pour ces deux raisons. Mais il faut aussi préciser qu’il s’est rajouté, depuis le XXe siècle, en Occident, le 11 novembre. En France comme en Angleterre, après l’hémorragie colossale de la guerre de 14-18, le 11 novembre a consacré encore davantage le mois de novembre aux morts en Europe. Les monuments aux morts sont d’ailleurs fleuris avec des chrysanthèmes. Des fleurs de saison que l’on a pris pour habitude de déposer sur les tombes au moment de la Toussaint.

    Dans une société aussi déchristianisée que la nôtre, peut-on vraiment penser que la Toussaint a encore une portée chrétienne? N’aurait-elle pas seulement une portée traditionnelle comme Noël ou Pâques?

    Le fait d’aller fleurir des tombes à la Toussaint induit une dimension bien moins festive que Noël. Mais bien des coutumes ancrées dans la tradition catholique restent vivaces. Dans certaines régions rurales de France, la coutume de la bénédiction des tombes existe encore. Le prêtre se rend au cimetière, traditionnellement après la messe, pour asperger les tombes d’eau bénite en souvenir du baptême de ces défunts. Souvent, de même, le fleurissement des tombes s’accompagne d’une petite prière ou d’un signe de croix.

    Plus largement, cette fête permet à l’homme contemporain de questionner le rapport de nos sociétés déchristianisées à la mort. Une fois par an, elle nous invite à méditer sur la fin de la vie alors même que la mort a largement été évacuée de nos sociétés, comme si ce n’était plus un fait crucial. Aujourd’hui on enterre rapidement, on veille rarement les morts, la crémation a pris une grande importance et les rites autour du corps qui en découlaient se sont évanouis.

    Songez par exemple aux obsèques que l’on faisait encore jusque dans les années 1960 à Paris. L’Église était tendue de noir, le domicile du défunt aussi. Aujourd’hui, tout ceci serait impensable. On ne pourrait pas voir des cortèges funéraires dans nos rues. Pourtant, même dans une société déchristianisée, la Toussaint est l’occasion de confronter l’homme contemporain à la mort. Elle n’a rien perdu de sa dimension spirituelle.

    (source : http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2017)

    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 semaines et 2 jours par Isis Isis.
  • #86662
    Peterpan57
    Peterpan57Participant
    @peterpan57

    Hum….interessant, Monde physique, Spirituel, l’Histoire, les coutumes,
    de nos jours a cette periode je ne vois presque personne au cimetiére, a part les 1,5 morts par semaines dans notre village et leur enterrements…

    Je pense que c’est trés bien de ne pas oublier cette tradition,
    surtout qu’a chaque fois c’est un réel miracle pour un curée
    d’arriver a bénir tout un cimetiére avec juste quelques gouttes d’eau bénite …
    sa démontre bien le coté spirituel de ce geste.

  • #86663
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

    Mais voilà, la Toussaint n’est pas le Jour des Morts, qui est le 2. je me souviens quand j’étais enfant, le 2 Novembre était jour férié afin que les personnes puissent aller au cimetière, éventuellement pour les croyants aller à la messe, spéciale jour des morts. Maintenant ce jour férié ne l’étant plus, la tradition s’est tournée vers la visite au cimetière le Premier Novembre.

     

  • #86666
    Peterpan57
    Peterpan57Participant
    @peterpan57

    Mouhai… je devine qui decide de faire travailler les gens pendant les periodes de fétes, ou encore rendre des portables/PC/Facebook/Commerces (etc…) et le laxisme plus interessant que ce deplacer au cimetiére.

  • #86667
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

    Les GS de la région étaient toutes ouvertes ce matin ! La France perd ses Fêtes religieuses, ses us et coutumes, et avec perd son passé ! Bientôt seront célébrées les fêtes juives et musulmanes à la place, il faut se préparer.

  • #86669
    Isis
    IsisParticipant
    @isis

    Il faut bien se rendre compte que la mort est occultée ainsi que la vieillesse qui y conduit.  Elle dérange parce qu’elle indique que tout a une fin, d’ailleurs n’oppose-t-on pas vie et mort ? alors que la réalité c’est naissance et mort, c’est tout à fait différent, car la Vie continue et même est éternelle, sauf en ce qui concerne notre passage éphémère sur terre.

    Maintenant place au jeunisme éternel, ce qui est absurde.

    Ce qui me choque et me déplaît dans ces profusions de fleurs dans les cimetière, c’est que très très souvent, les mêmes personnes qui viennent les déposer n’auraient pas eu l’idée, et la gentillesse, d’offrir une seule fleur à la personne encore en vie ! Mais elles fleurissent les tombes parce que « que diraient les voisins ? » ! cela m’a été répondu par une dame que je connaissais bien et qui ronchonnait à l’idée d’aller nettoyer les tombes et les fleurir ! elle-même était âgée et fatiguée, mais le qu’en-dira-t-on était le plus fort.

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.